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Récit de la 43ème mission civile de protection du peuple Palestinien
 
3ème et 4ème jour
Camps de réfugiés de Deishee et d'Aïda: 25 et 26 décembre 2002
Notre groupe est parti ce matin pour le camp de réfugiés de Deishee. Le passage au check point de Bethléem s'est passé sans problème (c'est Noël!). L'armée est exceptionnellement peu présente depuis hier ... au grand soulagement des palestiniens.
Nous avons rencontré tout d'abord une responsable du centre culturel du camp (IBDAA) qui nous a fait un bilan de la situation ici. 11000 personnes vivent ici dans trois camps d'1km². Au début (les camps datent de 1948!), les réfugiés avaient une tente par famille puis ils ont put construire des maisons d'une seule pièce minuscule de 3m sur 4m (photo de gauche).

Aujourd'hui de véritables maisons sont construites ... sur ce terrain loué pour 99 ans par les nations unies. Malgré la longue existance du camp on peut encore aujourd'hui y voir de nouvelles constructions. En effet, très régulièrement, l'armée israélienne détruit des habitations (appartenant à des familles de combattants, de militants politiques ou sur de simples soupçons!), tout cela en complète violation de la convention de Genève .... Sur la montagne, 2 projecteurs pour contrôler les mouvements. Les israéliens contrôlent aussi l'électricité et l'eau, et les routes (1 pour les Palestiniens et 1 pour les Israéliens).

La situation des Palestiniens ne s'est pas ameliorée pendant le "processus de paix". Au contraire, elle s'est dégradée. Des réfugiés nous rappellent que la visite de Sharon sur l'esplanade des mosquées a été l'étincelle et non la cause directe de la 2ème Intifada. C'est l'attitude d'Israël, la colonisation, le vol des terres, les humiliations, .... qui sont la vrai cause de cette Intifada.

Témoignage de la mère d'un enfant tué par l'armée:

Cette femme nous précise que l'on a pu entendre que les mères sacrifiaient leurs enfants mais aucune mère ne veut que son fils ou sa fille meure.

Elle était enceinte pendant la 1ère Intifada ; son mari est allé en prison et n' a connu son fils qu'à l'âge de trois ans. Le fils avait peur de son père car il ne l'avait jamais vu! Puis, le père est parti se cacher pour ne pas être repris par les israéliens ; il n'a donc pas vu son fils grandir. Quand il a pu vivre avec lui, il lui a appris à nager, à conduire, ... Puis il est retourné en prison à la deuxième Intifada. Son fils est allé au check point avec une pancarte "stop the occupation" et a été tué d'une balle en plein coeur par les soldats.

La responsable du centre nous parle un peu de la situation des femmes. Une partie des femmes ne voient jamais leur mari soit parce qu'ils travaillent loin, pour les israéliens en général, soit parce qu'ils sont en prison. Pour l'autre partie, dont les maris sont souvent au chômage (plus de 80% de palestiniens en 2002), c'est difficile pour elles aussi parce qu'elles peuvent avoir à subir une certaine violence de la part de leurs maris, énervés, désepérés par la situation. Elles doivent aussi gérer la vie quotidienne, sans argent.
IBDAA est le nom du centre culturel. Il s'est créé à partir de rien. Maintenant, il y deux centres avec une bibliothèque, des cours de danse ( on a vu un spectacle dansé par les enfants), une équipe de basket pour les garçons et aussi pour les filles ( une première!), des ordinateurs reliés à internet, ...
Le centre entretien aussi une correspondance avec des enfants de Sabra et Chatila. Ils ont ainsi pu se retrouver une fois sur la frontière. Il existe même un film sur cette rencontre.
Tous ces projets sont difficiles à maintenir en période de couvre feu. En ce moment, il est levé parce qu'il y a les fêtes et plein de journalistes.
Ensuite, nous avons visité le camp, vu quelques maisons détruites. Nous avons été accueillis par une famille du camp, avec thé et café. Ils ont été chassés de leur maison après sa destruction par l'armée israélienne et doivent maintenant en louer une en attendant la fin de la reconstruction. Deux de leur fils sont en prison dont un est un responsable des marthyrs d'Al Aqsa, un autre a été tué. Nous avons pu discuter de leur vie quotidienne, de leur vision de la lutte pour l'indépendance en Palestine ( discussion très dure et très pessimiste), etc. Sur leur relation avec les israéliens anti-colonialistes, ils ne croient pas en leur combat. La discussion s'est terminée par la présentation du dernier né (quelques mois) de la famille avec le prénom du fils tué pour montrer qu'il est encore présent.
Après, nous sommes allés voir un centre de rééducation à Bethleem. Le but de l'hôpital est de soigner et de réintégrer les enfants handicapés dans la vie normale. Avec le couvre feu, le personnel est obligé de rester tout le temps que dure celui-ci (souvent plusieurs jours) et de changer lorsqu'il est levé (en général quelques heures!). Les plus grosses difficultés restent liées à l'impossibilité de se déplacer. Parmi les troubles qui se développent et que le centre médical commence à prendre en compte il y a les troubles psychologiques, notamment des enfants, à cause de cette situation de guerre, d'humiliation, de colonisation et d'enfermement du au couvre feu.

Le 4ème jour le groupe est allé dans un deuxième camp de réfugié, Aïda, pour y voir un autre centre culturel (avec beaucoup moins de moyens que celui de Deishee). Le responsable nous explique ses difficultés quotidiennes (il habite Jérusalem et n'a pas de laisser passé pour franchir les check points). Les enfants sont nombreux dans un espace plutôt réduit mais le coeur y est! Un coup de téléphone nous prévient du retour du couvre feu et le responsable du centre veut rentrer à Jérusalem rapidement avant d'être bloqué ici. On l'accompagne .... à travers de petites routes, dans les montagnes, afin d'éviter le check point.

3ème et 4ème jour
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